penser/rêver N° 20 :
Le temps du trouble
automne 2011
 
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Ce numéro, le vingtième de penser/rêver, a été élaboré avec la participation d’historiens et de littéraires, tous membres du GRIHL* , que nous remercions vivement : Alain Cantillon, Laurence Giavarini, Sophie Houdard, Christian Jouhaud, Judith Lyon-Caen, Dinah Ribard, et Nicolas Schapira. Et il est certain que le thème choisi – le temps du trouble – trouble en effet avec une même force l’historien, le spécialiste des littératures et le psychanalyste.
S’il a été clair d’emblée que le temps du trouble était partagé, qu’il organisait et désorganisait la pensée même de nos différentes disciplines et de leurs théories, de nos pratiques, de nos métiers (« Cent fois sur le métier… »), la visée initiale était presque à l’inverse : nous avons souhaité travailler sans complaisance, mais pas sans curiosité, pour prendre la mesure du dérangement que représentait pour chacun le travail du passé dans les autres disciplines.
Le temps du trouble, c’est ce dérangement et ce travail. C’est le passé. La manière que chaque discipline a de l’inventer, et à l’intérieur d’une discipline, chaque individu. Et c’est le présent, à l’instauration et au service duquel finit tout ce qu’on dit, tout ce qu’on pense. Et c’est le grand mouvement incertain qui va de l’un à l’autre et les remanie tous les deux, présent et passé, en même temps que leurs temporalités propres : le temps de l’après-coup. Et, le temps du trouble, c’est aussi l’époque actuelle, quand la crise de la conscience européenne annonce aujourd’hui la fin des Lumières – l’annonce à vrai dire une fois de plus.
En dérangeant aussi ce trouble-là, celui d’une société qui veut en urgence en finir avec le concept même de trouble – ou de négativité –, ce vingtième numéro aimerait aussi nationaliser un peu une figure où se rejoignent l’histoire, la littérature et les ressorts inconscients de l’amour : la très troublée princesse de Clèves*
p/r