À quoi servent les enfants ?
penser/rêver N° 17 - printemps 2010
   
À quoi servent les enfants, ou à qui ? « Un bébé sain et bien nourri constitue à l’âge d’un an un plat délicieux, riche en calories et hygiénique, qu’il soit préparé à l’étouffée, à la broche, au four ou en pot au feu. » (Swift) « Le corps de l’enfant revient au pédiatre. Son âme, aux hommes de la religion. Sa psyché appartient au psychanalyste. Et son intellect au psychologue. L’esprit est pour le philosophe. Le psychiatre veut les troubles mentaux […] » (Winnicott)
 

Swift et Winnicott sont d’accord : l’enfant est au cœur d’un fantasme d’objet à dépecer. Avec les usages sexuels, économiques et médiatiques que l’on fait de lui, avec sa fonction de sauveur, avec sa toute-puissance (His Majesty the Baby) et son impuissance radicale, avec le narcissisme qu’il confère au cercle de famille ou qu’il blesse, l’enfant est (d’un emploi) incertain et peu raisonnable. Comme la sexualité dont il est l’avatar ?

299 pages - 20 €
« Un petit détail comme l’avidité »
penser/rêver N° 16 - automne 2009
   
L’économie ? Une « science de l’Avidité dont toute mention d’avidité serait bannie », écrit Winnicott en 1945. Pour le psychanalyste britannique, « quand il s’agit de la planification de nos vies […], le problème est que les penseurs font toujours des plans qui ont l’air formidable. Toute fissure qui apparaît est colmatée par un peu plus de réflexion, plus brillante encore et, en fin de compte, le chef d’œuvre de construction rationnelle s’effondre à cause d’un petit détail comme l’AVIDITÉ dont on n’avait pas tenu compte. »
 
Les auteurs de ce numéro tiennent compte de l’avidité et l’installent, avec l’actualité frappante de ce diagnostic, au cœur de l’aventure psychique.
250 pages - 20 €
Toute-puissance
penser/rêver N° 15 - printemps 2009
   
Chez Sa Majesté le Bébé, tout va bien : la toute-puissance fait coïncider « je veux » et c'est. Je veux le sein — il est là. Ensuite, les ennuis commencent : « Je veux », et… rien. Mais la toute-puissance originaire continue sa vie dans la pensée et, plus tard, chacun continue de croire au pouvoir de sa propre pensée. Parfois Sa Majesté le Bébé devient un Maître, un tyran, un représentant de Dieu, ou simplement un homme d’État. Je veux le sein, et ses substituts sont là — le pouvoir, l’argent, l’amour — , et aussi la chose même. Comprendre comment le collectif, complice de ses tout-puissants, peut en venir à affronter alors une impuissance de mort, n’est-ce pas voir en quoi l’individu devrait admettre en lui-même une impuissance de vie ?
280 pages - 20 €
L’inadaptation des enfants et de quelques autres
penser/rêver N° 14 - automne 2008
   
L’enfant agité de trois ans, futur délinquant dépistable, devait être un peu le héros de ce numéro, en compagnie de ses cousins plus âgés des banlieues chaudes : le numéro entendait insister sur la « délinquance, signe d’espoir » – formule paradoxale célèbre de Winnicott – et montrer que, dans les périodes de l’efficacité à tout prix, du pragmatisme et de la vie sans rêves, on oublie facilement que l’adaptation produit le malaise dans la civilisation.
Mais, comme l’actualité a travaillé pour nous, nous avons de plus accordé une place significative à la destruction en cours de l’Éducation nationale, avec des contributions de pédagogues renommés.
Les « quelques autres » inadaptés seraient-ils des fanatiques du rendement ?
280 pages - 20 €
La vengeance et le pardon, deux passions modernes
penser/rêver N° 13 - printemps 2008
   
Ce numéro tente de comprendre la nature inconsciente, les racines fantasmatiques de ce qui apparaît comme des manifestations passionnelles collectives de la modernité : la vengeance et le pardon. En donnant la parole à des psychanalystes, mais également à des acteurs de la réflexion sur le droit, la justice, la religion, la politique et l’histoire. Il cherche à cerner un changement sociétal, présent un peu partout dans le monde, et qui semble à certains prendre l’allure d’une régression culturelle sentimentale aux dépens d’une civilisation du droit et de la loi.
Ainsi voit-on les principes du droit effacés par les commissions « vérité et réconciliation » qui, à partir de l’expérience de l’Afrique du Sud, ont vu le jour en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud. La « repentance » remplace comme par magie le déni et souvent l’ignorance même des faits, et récuse l’analyse historienne et ses conséquences – on ne reviendra plus sur la faute avouée.
Et si l’expiation sentimentale était, comme la vengeance, une cérémonie où, à son insu, la collectivité moderne, loin de lutter contre le mal et de le soumettre à une loi supérieure, en reconnaissait le pouvoir et s’absolvait elle-même de devoir y céder ?
240 pages - 20 €
Que veut une femme ?
penser/rêver N° 12 - automne 2007
   
Que les femmes tendent à occuper les hautes fonctions du pouvoir, ce n’est pas nouveau. La nouveauté, c’est qu’on attend aujourd’hui quelque chose d’elles parce que ce sont des femmes. Elles porteraient, sinon le sauveur, du moins l’idée de sauveur : de là viendrait, quand il existe, le sentiment d’évidence que seule une femme pourrait, éventuellement, ce qu’elle veut.
Mais une femme veut-elle quelque chose de spécifique ? Son mode de penser avec les actions qui en découlent, est-ce une « chambre à soi », ou une pure invention des discours qu’hommes et femmes tiennent sur elle ?
254 pages - 20 €
La maladie chrétienne
penser/rêver N° 11 - printemps 2007
   
Les idées religieuses sont pour Freud, en 1927, la « partie la plus importante » de l’« inventaire psychique d’une civilisation », en même temps que des illusions. Ces illusions sont parfois si contradictoires avec « ce que nous avons appris, avec tant de peine, sur la réalité de l’univers que l’on peut les comparer aux idées délirantes ». Dans la civilisation occidentale, l’inventaire psychique concerne les idées religieuses chrétiennes.
Contaminent-elles toujours aujourd’hui, comme une maladie infectieuse – par Infektion, écrivait Freud – « institutions, lois et ordonnances culturelles », pourtant élaborées au nom de la Raison ?
300 pages - 20 €
Le conformisme parmi nous
penser/rêver N° 10 - automne 2006
   
Le conformisme est parmi nous. Il s’appelle « principe de précaution » en politique où il tient si souvent lieu de pensée, ou « audimat » quand les journaux télévisés diffusent des informations en réglant la succession kaléidoscopique sur l’intérêt supposé du public. Il est sensible à l’image, dont il renforce le pouvoir. Il propage la rumeur, veut des coupables. Il s’apparente à une sorte de conscience sentimentale collective, et fait disparaître les contradictions intérieures.
Sous l’effet de quelles contraintes, de quelles peurs, renonce-t-on à ce que Tocqueville appelait le « trouble de penser » ?
La question est ici ouverte.
300 pages - 20 €
La double vie des mères
penser/rêver N° 9 - printemps 2006
   
Les mères ont deux vies, de mère et de femme : leurs ennuis commencent là, ainsi que les nôtres. Et ce n'est pas tout. Non contentes d’alimenter les amours et les vies psychiques de chacun, voici qu'elles modèlent ce que l'individu demande à la collectivité, et ce qu'il en obtient.
Mais si, loin de ce que nous leur voulons, les mères menaient des vies inconnues, tout à elles ?
280 pages - 20 €
Pourquoi le fanatisme ?
penser/rêver N° 8 - automne 2005
   
« Pourquoi la guerre ? », demandait Freud en 1932. « Pourquoi le fanatisme ? » est une question à laquelle il est urgent de réfléchir, aujourd’hui où des individus, des groupes organisés, des foules et des dirigeants, se comportent comme si la Raison n’avait pas été inventée, en se réclamant d’un Dieu paranoïaque si ancien qu’on le croyait disparu.
280 pages - 20 €
Retours sur la question juive
penser/rêver N° 7 - printemps 2005
   
Par gêne, sans doute, par « correction », l’ère des retours (religieux, communautaires, identitaires) à relégué la question juive au rang de fantôme et tend à méconnaître les conditions psychologiques et historiques de ses émergences.
Revenir sur les temps de l’invention de la « question » ou de ce que les psychanalystes appelleraient sa « construction » : ne pas se détourner du fantôme, le nommer.
Veiller sur la question.
 
Ce numéro à été élaboré avec l’amicale participation d’Emanuela Trevisan Semi et de Paul-Laurent Assoun
320 pages - 20 €